Irradiés de l’Île Longue: la responsabilité de l’Etat de nouveau retenue

Dans un arrêt du 18 mars 2025, la Cour administrative d’appel de Nantes a infirmé le jugement du tribunal administratif de Rennes et condamné l’Etat à verser à un ancien ouvrier d’Etat une indemnisation au titre de son préjudice d’anxiété en raison de son exposition fautive aux rayonnements ionisants.

L’intéressé a travaillé entre 1980 et 1992 au sein de la direction des constructions navales (DCN) de Brest. Il a été affecté sur le site de l’Ile Longue, en qualité de « chaudronnier-tuyauteur », où il a été exposé aux rayonnements ionisants et neutroniques émis par les têtes nucléaires dans les ateliers Pyrotechnie, sans moyen de protection, sans information sur les risques et sans surveillance radiobiologique (mise en place uniquement à compter de 1996).

Aux côtés de l’antenne brestoise de l’association Henri Pézerat, le Cabinet TTLA & associés accompagne les ouvriers d’Etat ayant exercé sur le site de Ile Longue, exposés aux risques et craignant de contacter une pathologie grave ou d’ores et déjà atteints d’une maladie professionnelle due à leur exposition aux rayonnements ionisants, dans le cadre d’actions en responsabilité de Etat.

Contact : Cabinet d’avocats TTLA & associés – Me Guillaume Bernard et Me Cécile Labrunie – 01.44.32.08.20 – cabinet@ttla-avocats.com

Consultez également le site du Cabinet d’avocats TTLA & Associés: www.ttla-avocats.coma Cour retient:

Essais nucléaires en Polynésie Française : la Commission d’enquête parlementaire poursuit ses travaux

Le 12 mars 2025, Me Cécile Labrunie était entendue, en qualité de conseil des victimes des essais nucléaires français et des associations de victimes – AVEN et Moruroa e Tatou, par la Commission d’enquête relative à la « politique française d’expérimentation nucléaire, à l’ensemble des conséquences de l’installation et des opérations du Centre d’expérimentation du Pacifique en Polynésie française, à la reconnaissance, à la prise en charge et à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français, ainsi qu’à la reconnaissance des dommages environnementaux et à leur réparation ».

L’occasion d’évoquer les voies d’amélioration du système d’indemnisation des victimes des essais nucléaires:

  • Priorité doit être donnée à la présomption de causalité lorsque la victime établit :
    • être atteinte d’un des 23 cancers radioinduits visés dans le décret d’application de la loi n°2010-2
    • avoir séjournée dans une zone concernée par les essais nucléaires et à une période de contamination effective, mentionnées dans les textes.
  • Le renversement de la présomption ne peut intervenir que si le CIVEN rapporte la preuve que l’intéressé a été exposé à une dose efficace de rayonnements ionisants inférieure à 1mSv par an. La réflexion doit porter d’une part sur le niveau de ce seuil retenu par la loi depuis le 28 décembre 2018, mais également sur les données utilisées pour établir le niveau d’exposition des personnes exposées (militaires et appelés, salariés et résidents).
  • La nécessité d’étendre le régime d’indemnisation aux préjudices subis par les proches d’une victime de cancer radioinduit. La maladie et le décès entrainent pour les proches un bouleversement qui se manifeste tant sur le plan émotionnel que matériel. Le système d’indemnisation actuel ne permet pas la « réparation » de leurs préjudices personnels en lien avec la maladie et le décès (préjudice d’accompagnement de fin de vie, préjudice moral « d’affection », bouleversement dans les conditions d’existence, préjudice scolaire, perte de revenus…). Il s’agit d’une situation injuste pour celles et ceux qui ont souffert de la perte d’un époux, d’un père, d’un grand-père, d’un fils, d’un frère… des suites d’une maladie résultant d’une exposition aux rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français. Rien ne justifie cette différence de traitement vis-à-vis des victimes « par ricochet », alors même que le ministre de la Défense se félicitait en 2010 d’avoir mis en place un « dispositif d’indemnisation des victimes, juste, rigoureux et équilibré ».

Extraits de la séance du 12 mars 2025:

Retrouver l’intégralité de l’audition, ainsi que les archives des précédentes séances, sur le site de l’Assemblée nationale:

https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/videos/CRVANR5L17S2025IDV16387960?timeCode=1655

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Victimes des essais nucléaires français: la Cour administrative d’appel de Toulouse confirme le droit à réparation

Par arrêt du 18 mars 2025, la Cour administrative d’appel de TOULOUSE rejette l’appel interjeté par le Comité d’Indemnisation des Victimes des Essais Nucléaires (CIVEN) à l’encontre des jugements du tribunal administratif de Montpellier (avant-dire-droit et indemnitaire) qui avait annulé la décision de refus opposée aux ayants droit d’un ancien militaire affecté sur les sites d’expérimentations nucléaires en Polynésie française et victime d’un cancer urologique treize après sa dernière mission.

La Cour juge:

« Toutefois, en ce qui concerne la situation particulière de M. M., il est constant qu’alors que celui-ci était, du lundi 13 mai au dimanche 19 mai 1991, à bord de l’aviso « LV Lavallée », naviguant à proximité des sites de Mururoa et Fangataufa dans le cadre d’une mission de surveillance puis de pistage d’un navire appartenant à l’organisation « Greenpeace », deux essais nucléaires souterrains ont été réalisés sous le lagon de Mururoa, les 7 mai et 18 mai 1991, et que le premier d’entre eux, l’essai « Melanippe », a provoqué des rejets de gaz rares. Il est également constant que M. M., quand bien même il ne travaillait pas dans le Centre d’expérimentation du Pacifique, n’a pas bénéficié de mesures de surveillance d’une contamination tant interne qu’externe. Dans ces conditions, au regard des conditions concrètes d’exposition de M. M., telles que rappelées ci-dessus, ainsi qu’en outre de l’absence de mesures de surveillance individuelle de la contamination interne ou externe et de données relatives aux cas de personnes se trouvant dans une situation comparable à celle de M. M., du point de vue du lieu et de la date du séjour, les résultats des études mentionnées au point 8, dont se prévaut le comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires, ne peuvent suffire à établir que la dose annuelle de rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français reçue par l’intéressé aurait été inférieure à la limite de 1 millisievert. Dès lors, la présomption de causalité, instituée par l’article 4 de la loi du 5 janvier 2020, entre l’exposition aux rayonnements ionisants et l’apparition de la maladie de M. M. n’est pas renversée au cas d’espèce. »

De surcroît, le Cour accueille partiellement la demande des ayants droits du défunt tendant à une meilleure indemnisation des préjudices qu’il a subis, en considérant :

« s’agissant du préjudice évolutif lié à l’inquiétude permanente de M. M. provoquée par sa crainte légitime d’une issue fatale, bien que l’expert, qui a entendu la victime, n’ait pas retenu ce chef de préjudice, la connaissance par la victime de la gravité de sa pathologie pouvant mettre en jeu, à plus ou moins brève échéance, le pronostic vital et du caractère évolutif de cette pathologie, est de nature à établir la réalité de ce chef de préjudice. Il y a lieu de faire une juste application de ce préjudice en l’évaluant à la somme de 8000 euros. Le jugement du tribunal doit ainsi être réformé en ce qu’il a refusé d’indemniser ce chef de préjudice. »

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Victoire pour un éleveur de la Manche contre RTE

La Cour de cassation vient de rejeter le pourvoi formé par RTE à l’encontre d’un arrêt de la Cour d’appel de Caen qui l’avait condamnée à verser plus de 450.000 euros à des éleveurs laitiers, en réparation du « préjudice d’exploitation » imputable à une ligne à très haute tension (THT).

La Cour avait estimé que les désordres rencontrés dans l’exploitation, qui avaient justifié le déplacement des étables, étaient en lien avec les lignes à très haute tension à proximité de l’exploitation.

Cette décision exemplaire est l’aboutissement d’un long combat judiciaire mené par les éleveurs victimes d’installations électriques accompagnés de leur conseil Me François Lafforgue du cabinet TTLA & Associés.

Contact : Cabinet d’avocats TTLA & associés – Me François LAFFORGUE – 01.44.32.08.20 – cabinet@ttla-avocats.com

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Industrie du thon: assignation devant la justice de Carrefour pour manquement à son devoir de vigilance

Ce lundi 17 mars, après deux mises en demeure (novembre 2023 et avril 2024) et deux ans de dialogue infructueux, les associations BLOOM et Foodwatch assignent l’entreprise Carrefour devant le tribunal judiciaire de Paris pour manquement à son devoir de vigilance dans sa filière thonière.

François Lafforgue, du cabinet TTLA & Associés, les assiste dans cette procédure.

Qu’est-ce que le devoir de vigilance ?

Il s’agit d’une obligation légale créée par la loi n°2017-399 du 27 mars 2017 relative au devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d’ordre. Elle impose aux grandes entreprises de prendre des mesures, pour prévenir les atteintes aux droits humains, à la santé, à la sécurité et à l’environnement. Et ceci non seulement pour leurs propres activités, mais également celles de leurs filiales, sous-traitants, fournisseurs.

Cette obligation doit prendre la forme d’un « plan de vigilance » qui comprend notamment :

  • Une cartographie et une évaluation des risques
  • Des actions adaptées d’atténuation des risques ou de prévention des atteintes graves
  • Un dispositif de suivi des mesures mises en œuvre et d’évaluation de leur efficacité
  • Un mécanisme d’alerte et de recueil des signalements relatifs à l’existence ou à la réalisation des risques

Quelles sont les sanctions en cas de manquement ?

Un manquement à ces obligations engage la responsabilité de l’entreprise, et l’oblige à réparer le préjudice que l’exécution de ces obligations aurait permis d’éviter

Quels manquements sont reprochés à Carrefour ?

Les atteintes environnementales et humaines de l’industrie du thon tropical, qui produit les conserves largement consommées par les Européens et les Français.

Les associations demandent notamment :

  • l’adoption d’une norme de mercure dans les conserves de thon plus protectrice de la santé humaine
  • le retrait des produits issus de pêcheries non durables, notamment celles utilisant des Dispositifs de Concentration de Poisson (DCP)
  • l’assurance que tous les fournisseurs respectent les droits humains et l’arrêt toutes relations commerciales avec les fournisseurs ayant été impliqué dans une forme quelconque de violation des droits humains au cours des cinq dernières années, tout au long de la chaîne de valeur.

Une procédure particulièrement stratégique à l’heure où les acquis de la directive sur le devoir de vigilance pourraient être remis en question par la proposition de directive « Omnibus ».

Contact : Cabinet d’avocats TTLA & associés – Me François Lafforgue et Me Hermine Baron – 01.44.32.08.20 – cabinet@ttla-avocats.com

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Victimes de pesticides : le combat judiciaire continue pour une meilleure indemnisation des victimes

Reportage dans le 19/20 du 14 mars 2025 sur France 3, dans le prolongement de l’audience du pôle sociale du tribunal judiciaire de Rennes devant lequel cinq affaires étaient appelées.

Contact : Cabinet d’avocats TTLA & associés – Me François Lafforgue – 01.44.32.08.20 – cabinet@ttla-avocats.com

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Cancer du nasopharynx en lien avec l’exposition d’un mineur aux résines de consolidation de terrain: la faute inexcusable de l’État reconnue

Par un jugement rendu le 28 février 2025, le pôle social du tribunal judiciaire de METZ reconnait la faute inexcusable de l’employeur commise la Charbonnage de France, comme étant à l’origine du cancer du nasopharynx dont est atteint un ancien mineur.

Ce cancer avait été pris au charge en maladie professionnelle au titre du tableau 43 bis, en raison de son exposition aux résines de consolidation de terrains miniers contenant des formaldéhydes, lorsqu’il réalisait des opérations d’injection.

Contact : Cabinet d’avocats TTLA & associés – Me Cédric de Romanet – 01.44.32.08.20 – cabinet@ttla-avocats.com

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