Publication du rapport de la commission d’enquête sur les essais nucléaires

La commission d’enquête de l’Assemblée nationale a remis le 10 juin 2025 son rapport consacré « la politique française d’expérimentation nucléaire, à l’ensemble des conséquences de l’installation et des opérations du Centre d’expérimentation du Pacifique en Polynésie française, à la reconnaissance, à la prise en charge et à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français, ainsi qu’à la reconnaissance des dommages environnementaux et à leur réparation« .

45 recommandations y sont formulées en vue d’améliorer le système d’indemnisation des victimes des essais nucléaires français, notamment:

  • Recommandation n° 14 : Supprimer l’exigence relative au seuil du millisievert et fonder la décision d’indemnisation sur le strict respect des critères cumulatifs de temps, de lieu et de pathologie permettant de déterminer une présomption d’exposition aux essais nucléaires réalisés par la France en Polynésie française.
  • Recommandation n° 15 : La CCSCEN étudie et propose, dans les plus brefs délais, une liste révisée des pathologies potentiellement radio-induites, notamment les cancers du pancréas et du pharynx, le cancer précoce de la prostate ainsi que certaines maladies du muscle cardiaque, demandées par les associations de victimes.
  • Recommandation n° 16 : Repousser au 31 décembre 2028 l’échéance du dépôt des demandes d’indemnisation concernant les personnes décédées avant le 31 décembre 2018 et allonger de six à dix ans le délai de prescription des demandes d’indemnisation concernant les personnes décédées à partir du 1er janvier 2019.
  • Recommandation n° 17 : Ouvrir le droit à indemnisation des victimes dites « par ricochet » à la hauteur des préjudices moraux et patrimoniaux qu’elles ont personnellement subis.
  • Recommandation n° 26 : Renforcer l’exigence de motivation des décisions rendues par le CIVEN en consacrant dans la loi n° 2010-2 du 5 janvier 2010 leur caractère « individualisé », « précis » et « circonstancié ».

Tome 1 du rapport publié sur le site de l’Assemblée nationale: https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/rapports/ceesnuc/l17b1558-ti_rapport-enquete#_Toc256000105

Dans la Presse:

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-info-de-france-inter/polynesie-pour-les-victimes-des-essais-nucleaires-francais-la-difficile-obtention-des-indemnisations-4175996

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Essais nucléaires en Polynésie Française : la Commission d’enquête parlementaire poursuit ses travaux

Le 12 mars 2025, Me Cécile Labrunie était entendue, en qualité de conseil des victimes des essais nucléaires français et des associations de victimes – AVEN et Moruroa e Tatou, par la Commission d’enquête relative à la « politique française d’expérimentation nucléaire, à l’ensemble des conséquences de l’installation et des opérations du Centre d’expérimentation du Pacifique en Polynésie française, à la reconnaissance, à la prise en charge et à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français, ainsi qu’à la reconnaissance des dommages environnementaux et à leur réparation ».

L’occasion d’évoquer les voies d’amélioration du système d’indemnisation des victimes des essais nucléaires:

  • Priorité doit être donnée à la présomption de causalité lorsque la victime établit :
    • être atteinte d’un des 23 cancers radioinduits visés dans le décret d’application de la loi n°2010-2
    • avoir séjournée dans une zone concernée par les essais nucléaires et à une période de contamination effective, mentionnées dans les textes.
  • Le renversement de la présomption ne peut intervenir que si le CIVEN rapporte la preuve que l’intéressé a été exposé à une dose efficace de rayonnements ionisants inférieure à 1mSv par an. La réflexion doit porter d’une part sur le niveau de ce seuil retenu par la loi depuis le 28 décembre 2018, mais également sur les données utilisées pour établir le niveau d’exposition des personnes exposées (militaires et appelés, salariés et résidents).
  • La nécessité d’étendre le régime d’indemnisation aux préjudices subis par les proches d’une victime de cancer radioinduit. La maladie et le décès entrainent pour les proches un bouleversement qui se manifeste tant sur le plan émotionnel que matériel. Le système d’indemnisation actuel ne permet pas la « réparation » de leurs préjudices personnels en lien avec la maladie et le décès (préjudice d’accompagnement de fin de vie, préjudice moral « d’affection », bouleversement dans les conditions d’existence, préjudice scolaire, perte de revenus…). Il s’agit d’une situation injuste pour celles et ceux qui ont souffert de la perte d’un époux, d’un père, d’un grand-père, d’un fils, d’un frère… des suites d’une maladie résultant d’une exposition aux rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français. Rien ne justifie cette différence de traitement vis-à-vis des victimes « par ricochet », alors même que le ministre de la Défense se félicitait en 2010 d’avoir mis en place un « dispositif d’indemnisation des victimes, juste, rigoureux et équilibré ».

Extraits de la séance du 12 mars 2025:

Retrouver l’intégralité de l’audition, ainsi que les archives des précédentes séances, sur le site de l’Assemblée nationale:

https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/videos/CRVANR5L17S2025IDV16387960?timeCode=1655

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Victimes des essais nucléaires français: la Cour administrative d’appel de Toulouse confirme le droit à réparation

Par arrêt du 18 mars 2025, la Cour administrative d’appel de TOULOUSE rejette l’appel interjeté par le Comité d’Indemnisation des Victimes des Essais Nucléaires (CIVEN) à l’encontre des jugements du tribunal administratif de Montpellier (avant-dire-droit et indemnitaire) qui avait annulé la décision de refus opposée aux ayants droit d’un ancien militaire affecté sur les sites d’expérimentations nucléaires en Polynésie française et victime d’un cancer urologique treize après sa dernière mission.

La Cour juge:

« Toutefois, en ce qui concerne la situation particulière de M. M., il est constant qu’alors que celui-ci était, du lundi 13 mai au dimanche 19 mai 1991, à bord de l’aviso « LV Lavallée », naviguant à proximité des sites de Mururoa et Fangataufa dans le cadre d’une mission de surveillance puis de pistage d’un navire appartenant à l’organisation « Greenpeace », deux essais nucléaires souterrains ont été réalisés sous le lagon de Mururoa, les 7 mai et 18 mai 1991, et que le premier d’entre eux, l’essai « Melanippe », a provoqué des rejets de gaz rares. Il est également constant que M. M., quand bien même il ne travaillait pas dans le Centre d’expérimentation du Pacifique, n’a pas bénéficié de mesures de surveillance d’une contamination tant interne qu’externe. Dans ces conditions, au regard des conditions concrètes d’exposition de M. M., telles que rappelées ci-dessus, ainsi qu’en outre de l’absence de mesures de surveillance individuelle de la contamination interne ou externe et de données relatives aux cas de personnes se trouvant dans une situation comparable à celle de M. M., du point de vue du lieu et de la date du séjour, les résultats des études mentionnées au point 8, dont se prévaut le comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires, ne peuvent suffire à établir que la dose annuelle de rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français reçue par l’intéressé aurait été inférieure à la limite de 1 millisievert. Dès lors, la présomption de causalité, instituée par l’article 4 de la loi du 5 janvier 2020, entre l’exposition aux rayonnements ionisants et l’apparition de la maladie de M. M. n’est pas renversée au cas d’espèce. »

De surcroît, le Cour accueille partiellement la demande des ayants droits du défunt tendant à une meilleure indemnisation des préjudices qu’il a subis, en considérant :

« s’agissant du préjudice évolutif lié à l’inquiétude permanente de M. M. provoquée par sa crainte légitime d’une issue fatale, bien que l’expert, qui a entendu la victime, n’ait pas retenu ce chef de préjudice, la connaissance par la victime de la gravité de sa pathologie pouvant mettre en jeu, à plus ou moins brève échéance, le pronostic vital et du caractère évolutif de cette pathologie, est de nature à établir la réalité de ce chef de préjudice. Il y a lieu de faire une juste application de ce préjudice en l’évaluant à la somme de 8000 euros. Le jugement du tribunal doit ainsi être réformé en ce qu’il a refusé d’indemniser ce chef de préjudice. »

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Essais nucléaires en Polynésie française: nouvelle commission d’enquête

A la suite de l’interruption contrainte des travaux de la précédente commission d’enquête parlementaire, les auditions reprennent dans le cadre d’une nouvelle commission d’enquête sur les conséquences des essais nucléaires et les conditions d’application de la loi relative à la reconnaissance et l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français.

Le 22 janvier 2025, des victimes et associations de victimes étaient entendues. L’occasion d’évoquer les progrès, mais aussi les difficultés persistantes que rencontrent les victimes et leurs familles pour obtenir une juste reconnaissance et l’indemnisation de leurs préjudices. Rappelons que le système actuel ne permet pas d’indemniser les préjudices personnels subis par les proches d’une victime d’un cancer reconnu imputable aux rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français (préjudice moral et d’accompagnement, préjudice économique par « ricochet »).

Extraits des auditions de Mme Françoise Grellier (présidente de l’Association des Vétérans des Essais Nucléaires – AVEN), M. Jean-Luc Sans (ancien président de l’AVEN) et Me Cécile Labrunie (avocat de l’AVEN):

L’ensemble des auditions sont accessibles: https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/organes/autres-commissions/commissions-enquete/ce_essais_nucleaires

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Essais nucléaires: commission d’enquête de l’Assemblée nationale

La commission d’enquête relative aux essais nucléaires en Polynésie française a entendu lors des auditions du 16 mai, les représentants de l’Association des Vétérans des Essais Nucléaires – AVEN (Mme Françoise GRELLIER, présidente, et M. Jean-Luc SANS, ancien président et représentant de l’association auprès du CIVEN), et Me Cécile LABRUNIE, avocate de l’association:

http://videos.assemblee-nationale.fr/video.15185589_6645bb17946f9.politique-francaise-d-experimentation-nucleaire–audition-de-representants-de-l-association-des-vet-16-mai-2024?timecode=715590

Ils ont évoqué les difficultés tenant à :

  • L’application du seuil d’exposition de 1 mSv et les données sur lesquelles se fondent le CIVEN pour refuser d’indemniser des victimes,
  • La liste des maladies radio-induites qui devrait être étendue (cancer de la thyroïde sans limitation d’âge d’exposition, toutes les leucémies y compris les leucémies lymphoïdes, cancer du pancréas, cancer de la prostate, cancer du pharynx),
  • les conséquences sur la santé des descendants qui inquiètent les parents, les grands-parents.

En outre, ils demandent que le système d’indemnisation soit rapidement modifié pour être étendu aux proches des victimes décédées des suites d’un cancer dont il a été admis qu’il était radioinduit, afin que leurs préjudices moral et d’accompagnement et leur préjudice économique « par ricochet » soient enfin reconnus et indemnisés.

Il est temps que la loi soit réparée en ce qu’elle a oubliée les familles endeuillées et que le droit à réparation intégrale des préjudices soit étendu aux ayants droit « de personnes décédées d’une maladie radioinduite résultant d’une exposition à des rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français« , tant en leur nom propre qu’au titre de l’action successorale.

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Essais nucléaires: débat devant l’Assemblée nationale

Session ordinaire de l’Assemblée nationale le 19 janvier 2024, sur le thème : « Essais nucléaires en Polynésie française : indemnisation des victimes directes, indirectes et transgénérationnelles et réparations environnementales »

Intervention de Maître Cécile Labrunie sur le thème de l’indemnisation des « victimes par ricochet » et sur la méthodologie du CIVEN:

Intervention de Sébastien Philippe sur le thème du seuil d’exposition de 1mSv par an et de la méthodologie du CIVEN:

Accès à l’intégralité de la session (2ème partie: à partir de 01:47:00) via le lien ci-après:

https://videos.assemblee-nationale.fr/video.14526099_65aa29685b018.1ere-seance–questions-sur-le-theme—politique-penitentiaire-et-conditions-de-detention—deba-19-janvier-2024?timecode=1214130

Retrouver la transcription des débats via le lien ci-après:

https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/comptes-rendus/seance/session-ordinaire-de-2023-2024/seance-du-vendredi-19-janvier-2024

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Essais nucléaires: les demandes des « victimes par ricochet » déclarées irrecevables

Le tribunal administratif de Strasbourg était saisi par trois veuves et leurs enfants pour obtenir réparation de leurs préjudices personnels subis en raison du décès de leur époux et père des suites d’un cancer d’ores et déjà reconnu comme étant imputable à l’exposition aux rayonnements ionisants lors de leur séjour sur les sites d’expérimentations nucléaires.

Le tribunal n’a pas examiné le fond du dossier (à savoir la carence fautive de l’Etat ouvrant droit à réparation des préjudices subis par les victimes par ricochet), car il a jugé que les demandes élevées par les familles étaient « prescrites ».

Dans ces affaires, un appel sera interjeté pour contester le point de départ du délai de quatre ans pour agir devant la juridiction administrative, dans le cadre d’une action de droit commun en responsabilité de l’Etat, comme le ministère de Armées y invitaient les famille endeuillées.

En effet, depuis plusieurs années les familles et les associations de victimes sollicitent la modification de la loi n°2010-2 du 5 janvier 2010 relative à la reconnaissance et à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires, qui ne prévoit expressément que l’indemnisation des préjudices subis par la victime d’un cancer radioinduit.

Le ministre des armées leur a confirmé que « les proches de la victime ne peuvent pas bénéficier de ce dispositif en vue d’obtenir l’indemnisation de leurs préjudices propres ou « par ricochet » (préjudice d’affection, d’accompagnement ou économique) » et a indiqué aux familles qu’elles pouvaient « néanmoins » solliciter une réparation selon les règles de droit commun « à condition de démontrer l’existence d’un lien de causalité direct et certain entre la pathologie ayant entraîné le décès de la victime et son exposition aux essais nucléaires ».

Lourd et long contentieux que celui que portent celles et ceux qui se sont déjà battus pour obtenir la reconnaissance des droits des défunts.

Malheureusement, le temps passe pour les vivants et le temps presse pour faciliter le droit à réparation des préjudices subis par les familles, ces victimes par « ricochet ». Seul le législateur, si ce n’est l’Etat, peut permettre de corriger la loi en complétant le dispositif d’indemnisation des victimes des essais nucléaires, pour qu’il prévoit le droit à « réparation » des préjudices subis par les proches d’une victime d’un cancer reconnu imputable à son exposition aux rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français.

Dans la presse:

AFP Strasbourg: https://www.lejsl.com/faits-divers-justice/2023/11/10/l-indemnisation-de-victimes-par-ricochet-des-essais-nucleaires-rejetee-pour-prescription#:~:text=Trois%20veuves%20et%20leurs%20enfants,l’exposition%20aux%20rayonnements%20ionisants.

Contact :

Des victimes « par ricochet » des essais nucléaires veulent être reconnues

« Des victimes « par ricochet » des essais nucléaires veulent être reconnues », par Pauline FROISSART, AFP Strasbourg, 08/11/2023:

« Veuves ou orphelins, des victimes « par ricochet » des essais nucléaires espèrent être reconnues et indemnisées pour le préjudice causé par le décès de leurs proches: saisi de trois dossiers, le tribunal administratif de Strasbourg doit rendre sa décision jeudi ou vendredi.

La France a procédé à 17 essais nucléaires dans le Sahara algérien entre 1960 et 1966, puis en Polynésie française pendant 30 ans, jusqu’en 1996.

Si la loi du 5 janvier 2010 permet la reconnaissance et l’indemnisation des victimes directes de ces essais nucléaires, en revanche, leurs proches ne peuvent obtenir l’indemnisation de leurs préjudices propres, aussi appelés préjudices « par ricochet ».

« La loi ne prévoit pas la réparation des préjudices subis par la veuve et les enfants: le préjudice moral, le préjudice d’accompagnement, c’est-à-dire le fait d’avoir accompagné leurs proches dans la maladie, le bouleversement que ça a pu induire dans leur vie et pour certains, le préjudice économique important », a expliqué à l’AFP Me Cécile Labrunie, qui défend ces trois dossiers.

Plusieurs parlementaires ont interpellé le ministre des Armées sur la question de ces victimes oubliées. En juillet, le secrétaire d’Etat a répondu en séance publique au Sénat qu’elles pouvaient solliciter une réparation selon les règles de droit commun.

C’est ce qu’a fait Me Labrunie. Lors d’une audience début octobre, elle a demandé au tribunal administratif de Strasbourg de condamner l’Etat à indemniser trois veuves et leurs enfants, avançant que l’Etat a manqué de protéger leurs proches exposés aux rayonnements ionisants.

Parmi les requérantes, Lilli Wolff, 80 ans, dont le mari avait été affecté sur les sites d’expérimentations nucléaires dans le Sahara, du 29 août 1961 au 28 juin 1962.

– Prescription quadriennale –

Victime d’une leucémie diagnostiquée en 1986, il est décédé l’année suivante à 47 ans. Lilli Wolff s’est retrouvée veuve à l’âge de 44 ans avec trois enfants à charge âgés de 21, 18 et 16 ans.

Ce combat, « c’est surtout pour mes fils. Ils ont souffert tous les trois », raconte-t-elle à l’AFP. L’un a interrompu ses études pour trouver un emploi, le second a raté son bac et le troisième a vu ses résultats scolaires chuter.

Femme au foyer, leur mère a dû trouver un emploi d’aide ménagère pour subvenir aux besoins de la famille.

Mme Wolff et ses fils ont fait valoir leur préjudice moral et économique. Mais le ministère des Armées a rejeté leurs requêtes en pointant du doigt leur tardiveté: leurs demandes d’indemnisation en tant que victimes indirectes datent de décembre 2021 alors que selon le ministère, les préjudices étaient connus depuis le décès de M. Wolff, en 1987.

Le rapporteur public a estimé que l’administration était en droit d’opposer la prescription quadriennale aux requérants.

Mais pour le président de l’association des vétérans des essais nucléaires (Aven), Jean-Louis Camuzat, « le préjudice subi ne s’éteint pas avec le temps ».

Parmi les enfants des victimes, « beaucoup n’ont pas pu faire les études qu’ils voulaient ou ne sont pas partis en vacances parce qu’il y avait moins d’argent », décrit M. Camuzat à l’AFP. 

Pour lui, la solution serait d' »améliorer la loi » de 2010 pour inclure ces victimes indirectes.

– « Un très long combat » –

Depuis cette loi, un Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen) a été mis en place. Il a enregistré 2.282 dossiers de demandes d’indemnisation entre janvier 2010 et fin décembre 2022.

Avec 328 nouvelles demandes enregistrées, 2022 est la deuxième année en matière de nombre de demandes enregistrées après 2010. Dans 53% des cas, les personnes ont été reconnues comme victimes.

Plusieurs pathologies sont indemnisées dont de nombreux types de cancers (cancer du poumon, du sein, leucémie…).

« Au total 150.000 civils et militaires ont été recensés sur les sites d’expérimentation de 1960 à 1996. Pour la plupart, on n’avait pas demandé d’y aller… », insiste M. Camuzat, en référence aux appelés du contingent comme lui, qui assista à six tirs nucléaires à Mururoa, en Polynésie française.

Son association s’est battue pour la reconnaissance et l’indemnisation des victimes d’essais nucléaires, avant de se lancer dans la défense des victimes « par ricochet ».

Plusieurs décennies d’une pénible lutte: « C’est un très long combat », témoigne Lilli Wolff, « c’est éprouvant ». »

Les jugements évoqués dans cet article n’ont pas été rendus le 9 novembre et sont attendus pour le 10 novembre.

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Essais nucléaires: les veuves et les enfants des victimes devant le tribunal

Les demandes élevées par les veuves et les enfants de trois victimes de cancer radio-induit en lien avec leur exposition aux rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français dans le Sahara et en Polynésie française, étaient évoquées devant le tribunal administratif de Strasbourg le 5 octobre 2023.

En effet, la loi n°2010-2 du 5 janvier 2010 relative à la reconnaissance et à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français, dans sa rédaction actuelle, ignore la situation des proches du défunt et ne permet pas l’indemnisation des préjudices moraux et patrimoniaux que subissent ces victimes « par ricochet ».

Interpelé sur cette situation est injuste pour celles et ceux qui ont souffert de la perte d’un époux, d’un père, d’un grand-père des suites d’une maladie dont il a été admis qu’elle résulte d’une exposition aux rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français, le ministre des Armées a confirmé qu’ils ne pouvaient pas bénéficier de ce dispositif d’indemnisation, ce dernier étant limité à la « réparation » des préjudices subis pas la victime directe, en l’occurrence par les défunts.

Le ministre ajoute que les familles endeuillées peuvent toujours solliciter une indemnisation « selon les règles du droit commun (…), à condition de démontrer l’existence d’un lien de causalité direct et certain entre la pathologie ayant entrainé le décès de la victime et son exposition aux essais nucléaires ».

Dix ans après les premières actions portées par les veuves pour obtenir la reconnaissance et l’indemnisation des préjudices subis par leur défunt mari, de nouveaux recours sont engagés afin obtenir la reconnaissance de la carence fautive de l’Etat et le droit à réparation des préjudices des victimes dites « par ricochet ».

A lire dans DNA le 6 octobre 2023: « Des victimes par « ricochet » des essais nucléaires saisissent le tribunal » :

Des-victimes-par-ricochet-des-essais-nucleaires-saisissent-le-tribunal-DNA-06.10.2023

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Essais nucléaires: questions écrites au ministre des armées sur la situation des victimes « par ricochet »

Les députés et sénateurs interpellent le ministre des armées par questions écrites itératives sur la situation des familles de victimes décédées des suites d’une maladie résultant d’une exposition aux radiations ionisantes à l’occasion des essais nucléaires français, dont les préjudices personnels ne sont à ce jour ni reconnus, ni indemnisés.

La maladie et le décès entrainent pour les proches un bouleversement qui se manifeste tant sur le plan émotionnel que matériel : un préjudice d’accompagnement de fin de vie, un préjudice d’affection qu’entraine le décès, des préjudices patrimoniaux (frais d’obsèques, perte de revenus, préjudice scolaire,…).

La loi n°2010-2 du 5 janvier 2010 relative à la reconnaissance et à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français, dans sa rédaction actuelle, ignore la situation des proches du défunt et ne permet pas l’indemnisation des préjudices moraux et patrimoniaux que subissent ces victimes par ricochet.

Pourtant, tous les autres systèmes d’indemnisation mis en place dans le cadre de la réparation de dommages collectifs prévoient non seulement l’indemnisation intégrale des préjudices subis par les victimes directes, mais également l’indemnisation des préjudices subis par ricochet par les ayants droit, en cas de décès (indemnisation des victimes de l’amiante : FIVA ; des victimes d’accidents médicaux : ONIAM ; des victimes d’accidents de la route : FGAO ; des victimes d’attentats et autres infractions : FGTI…).

Cette carence est injuste pour celles et ceux qui ont souffert de la perte d’un époux, d’un père, d’un grand-père des suites d’une maladie radio-induite.

Rien ne justifie cette différence de traitement vis-à-vis des victimes par ricochet, alors même que le ministre de la défense se félicitait en 2010 d’avoir mis en place un « dispositif d’indemnisation des victimes juste, rigoureux et équilibré ».

A ce jour, le ministre des armées n’a pas répondu aux questions des parlementaires:

http://www.senat.fr/basile/visio.do?id=qSEQ230205050&idtable=SEQ230205050&_c=ESSAIS+NUCLEAIRES&id=qSEQ221204248&idtable=q425903|q429571|q427176&rch=qs&al=true

https://www.senat.fr/questions/base/2023/qSEQ230104960.html

https://www.senat.fr/basile/visio.do?id=qSEQ221204248&idtable=q417098|q429571|q427176|q418292|q425903&_c=ESSAIS+NUCLEAIRES&rch=gs&de=20220701&au=20230130&dp=1+an&radio=deau&aff=sep&tri=p&off=0&afd=ppr&afd=ppl&afd=pjl&afd=cvn

https://questions.assemblee-nationale.fr/q16/16-4673QE.htm

https://questions.assemblee-nationale.fr/q16/16-3512QE.htm

https://questions.assemblee-nationale.fr/q16/16-3274QE.htm

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