Paul Prompt (1926 – 2017): In memoriam

IN MEMORIAM

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Paul Prompt 1926 – 2017

Je pense aujourd’hui au lycéen Paul Prompt, celui de Juin 1940. Cet adolescent qui ne sait pas encore qu’il va rencontrer l’Histoire et qui contient déjà dans son entier l’homme qu’il deviendra.

Il fallait le chaos de l’Histoire pour transformer si tôt une vie en destin.

  • Le 16 Juin 1940 le discours de Pétain appelant à cesser le combat projette trois adolescents dans l’Histoire.
  • Le 18 Juin, le Général de Gaulle répondra en appelant à la poursuite de la guerre mais la veille, le 17 Juin, Paul Prompt et deux de ses camarades lycéens décident qu’ils ont leur mot à dire. Ils écrivent au Président de la République Albert Lebrun, qu’ils ne se résignent pas à l’invasion de la France et lui demandent comment, malgré leur âge, ils peuvent participer à la défense du pays.

Le secrétariat général de la Présidence de la République répondra que cette question  ne relève pas de sa compétence et qu’il convient de prendre contact avec la gendarmerie…

Paul, avec une grande bienveillance, décidera de voir dans cette curieuse réponse un signe discret d’encouragements.

Il suffit ensuite de dérouler le fil. Le reste de sa vie s’alignera sur cet extraordinaire départ :

  • Début 1943, entrée dans la résistance active.
  • 1944, pourchassé par la milice Paul est gravement blessé par deux coups de feu, les actes de torture, les simulacres d’exécution provoqueront des traumatismes dont il subira les conséquences jusqu’à ses derniers jours.

Cette séquence déterminera le reste de sa vie.

Paul Prompt était profondément un homme de paix attaché à la paix.

Les circonstances alors en ont fait non pas un homme de guerre mais un homme en guerre.

En guerre contre la guerre dans les années 1940,

Puis en guerre contre la violence coloniale,

En guerre enfin contre la violence sociale.

C’est cet avocat en guerre que je rencontre dans les années 1980, attaché à défendre la mémoire de Bernard Laroche dans l’affaire du double assassinat de Grégory Villemin et de Bernard Laroche, mais également engagé dans des procédures audacieuses mettant en cause la responsabilité d’un des principaux industriels de l’époque dans le dossier CREUSOT LOIRE, et la responsabilité du gouvernement qui autorise le démantèlement du groupe.

Participer aux combat judiciaires de Paul ce n’était pas naviguer sur un long fleuve tranquille mais ceux qui l’ont rencontré et l’ont accompagné, sont devenus des avocats différents.

Meilleurs je ne sais pas.

Plus courageux, plus déterminés à donner du sens à leur engagement professionnel, plus attachés aux principes qui ont guidé sa vie, j’en suis sûr.

Jean-Paul TEISSONNIERE

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